vendredi 18 septembre 2015

répartition des députés et des conseillers municipaux Le Sud se taille la part du lion.



répartition des députés et des conseillers municipaux
Le Sud se taille la part du lion.
 cet article a été écrit en 2007; il demeure d'actualité

La répartition des communes et des députés par province se présente ainsi qu’il suit :

Province
Population en 1987
Nombre de communes
Ratio : nombre d’habitants pour une commune
Nombre deputés
Ratio : nombre d’habitants pour un député
Adamaoua
495185
16
30949
10
49518
Centre
1651600
68
24288
28
58986
Est
517198
32
16162
11
47018
Extrême Nord
1855695
45
41238
29
63989
Littoral
1352833
31
43640
19
71202
Nord
832165
19
43798
12
69347
Nord Ouest
1237348
32
38667
20
61867
Ouest
1339791
41
32678
25
53592
Sud
373798
25
14952
11
33982
Sud Ouest
838042
27
31039
15
55869
total
10493655
336
31231
180
58298

L’article 4 de la loi n° 92/002 du 14 août 1992 fixant les conditions d’élection des conseillers municipaux précise le nombre de conseillers municipaux ainsi qu’il suit.
Population de la commune
Nombre de conseillers municipaux
Plus de 200 000 habitants
61
Plus de 100 000
45
Plus de 50 000
41
Plus de 40 000
35
Moins de 40 000
25

Nous avons travaillé avec es chiffres du recensement de 1987, ceux du dernier étant portés disparus, alors qu’ils devraient déjà être publiés à ce jour.

Ce qui frappe lorsqu’on consulte ces chiffres, c’est l’inégalité de la représentation; certaines régions sont surreprésentées, tandis que d’autres sont sous représentées, ce qui pose un problème de représentativité des élus. Plus précisément l’inégalité de la représentation se retrouve aussi bien aux municipales qu’aux législatives.
Ainsi aux municipales, Le Sud a 25 communes alors que le Nord, plus de deux fois plus peuplé, n’en a que 19 ; le Centre avec 68 communes a le plus grand nombre de communes, alors qu’elle n’est pas la province la plus peuplée ; l’Extrême Nord qui est la plus peuplée, n’a que 45  communes, soit 23 communes en moins que le Centre. Le Sud Ouest qui a pratiquement la même population que le Nord, a 27 communes, soit 8 de plus que le Nord.
Aux législatives, le Sud la province la moins peuplée, est gratifié de 11 députés, autant que l’est, et plus que l’Adamaoua qui sont beaucoup plus peuplés. Le Sud Ouest presque autant peuplé que le Nord, a 3 députés de plus.

Le ratio nombre d’habitants par députés est plus instructif encore. Les provinces qui ont un ratio supérieur à la moyenne nationale sont sous représentées, alors que celles qui ont un ratio inférieur sont surreprésentées.
Pour les communes, la moyenne nationale est de une commune pour 31 231 habitants ; on constate donc que le Centre, le Sud et l‘Est sont surreprésentés, alors que l’Extrême Nord, le Nord et le Littoral sont sous représentées.
Aux législatives, la moyenne nationale est de un député pour 58 298 habitants.  L’Adamaoua, l’Est, et le Sud sont surreprésentés, et dans une moindre mesure, le Sud Ouest et l’Ouest aussi. Le littoral, le Nord et l’Extrême Nord sont sous représentés ; le Nord Ouest aussi, dans une moindre mesure. Dans les deux cas, la province du Sud est la plus surreprésentée.

Qui a procédé à une telle répartition ? Serait-on tenté de se demander ; c’est l’exécutif, pardi. Et pourquoi le Sud est-il si favorisé ? Est-ce parce que le Président de la république en est originaire ? Si l’exécutif contrôle ainsi la composition du Parlement peut-on parler de contrôle de l’exécutif, ou mieux de l’indépendance des trois pouvoirs de l’Etat ?

Le refus du bulletin de vote unique, le rejet sans raison sérieuse des propositions de l’église catholique qui proposait un code électoral unique, le maintien de l’ONEL et de l’Administration dans leur rôle prépondérant dans la conduite du processus électoral, en lieu et place de ELECAM, qui ne sera pas opérationnel pour celle élection, sont autant de signes que le pouvoir RDPC ne veut pas d’élections transparentes; les propositions de loi de l’église ont été rejetés sous prétexte que cela impliquait une modification de la Constitution, qui exclut une bonne frange de camerounais en fixant l’âge électoral à 20 ans. M. Grégoire Owona parlait de cela comme si envisager de modifier la Constitution de la République était un sacrilège. C’est pourtant encore eux qui l’envisagent tranquillement quand il s’agit de permettre à M. Biya de briguer un nouveau mandat, après avoir épuisé deux septennats autorisés par le texte constitutionnel.
 130407

Tchassé Jean – Claude
Pleg, Syndicaliste
Tel 677134916


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