lundi 7 septembre 2015

Discrimination négative. L’immigration selon nicolas sarkozy.

Cet article écrit en 2006 sur l'émigration et publié par le Messager, reste d'actualité. les propositions faites demeurent valables.


Discrimination négative.
L’immigration selon nicolas sarkozy.

Monsieur Nicolas Sarkozy, fils d’immigré, actuel ministre français de l’Intérieur, Président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), et prétendant à la succession de Jacques Chirac,  vient de faire adopter par l’Assemblée Nationale française, ce 18 mai 2006, une loi sur l’immigration qui sera désormais « choisie » et non « subie » ; que peut-on attendre de cette loi ? c’est une loi restrictive s’il en est dans un contexte où les jeunes africains désespérés pensent que l’émigration vers les pays d’Europe en général et la France en particulier est la seule voie de salut.

De quoi s’agit – il ? Il convient de resituer le débat dans son contexte réel, au delà des passions, des égoïsmes, des ambitions politiques, des chauvinismes, des calculs, et des réflexions intéressées des uns et des autres. Voilà les pays africains, anciennes colonies françaises qui près de 50 ans après les prétendues indépendances, demeurent sous développées, et sont incapables d’offrir aux aspirations légitimes  de leurs populations en général et de leurs jeunesses respectives en particulier, les réponses idoines; les perspectives d’emploi sont quasi inexistantes ; les services publics ne fonctionnent pas ; l’État est défaillant, victime d’une gestion patrimoniale, de la corruption, de l’incompétence, de l’impéritie et de la malhonnêteté  de régimes mis en place avec la complicité de l’ancien colonisateur français qui a vicié le processus d’émancipation des peules, en veillant à ce que ne parviennent au pouvoir que les plus médiocres. Pendant ce temps, les patriotes avérés, et peu enclins au compromis avec les magouilles françaises, ont été combattus et massacrés par le corps expéditionnaire ou des espions à la solde de Foccart.
Le système mis en place est verrouillé ; il n’ y a pas d’alternance possible par la voie des urnes, les élections étant des parodies, des farces de mauvais goût marquées par des fraudes massives, le bourrage des urnes, et d’autres malversations perpétrés par une administration qui n’hésite pas à se départir de la neutralité qu’elle devrait observer en tant que arbitre, pour prendre sans scrupules faits et causes en faveur du régime en place.

Voulez-vous un bilan de ces rapports ambiguës et interlopes mis en place après les prétendues « indépendances » de ces pays, et que les français appellent pudiquement coopération ? L’obstination et la détermination des jeunes à aller en Europe que n’ont pu entamer :
·         ni les vols charters ;
·         ni la cruauté des capitaines de bateaux qui les jetaient en mer, en pâture aux requins ;
·         ni la méchanceté des policiers marocains qui allaient les abandonner en plein désert sans ressources ;
·         ni les accidents (pirogue et autres embarcations de fortune qui chavirent) ;
·         ni les barrières électrifiées ;
·         ni les obstacles naturels dressés sur leur chemin,
 est le signe le plus indéniable de l’échec de cette fameuse et malfaisante coopération.
Oui, la coopération africaine avec la France est un échec, si tant est qu’elle ait eu pour but d’aider les africains, et cela ne surprend pas ; les français n’avaient pas intérêt à ce que nos pays soient véritablement indépendants, et leur interventionnisme dans les affaires intérieures de nos pays en témoigne plus qu’éloquemment. Comment pouvait-il en être autrement quand le seul souci des français est de perpétuer les rapports de domination et d’exploitation commencés avec la colonisation ?

Comment comprendre par exemple l’intervention active de la France au Tchad pour soutenir un régime dénoncé pour ses dérives et rejeté par les populations ? Les français ont  mis  à contribution leurs avions de combat pour dérouter les rebelles qui étaient sur le point de prendre Ndjaména. Que dire du rôle trouble de la France au Rwanda, en Cote d’Ivoire et dans tous les autres pays pour soutenir vaille que vaille des régimes corrompus et incompétents ou à contrario pour soutenir des rebellions contre des régimes qui manifestent des velléités d’autonomie ?
Pendant ce temps les pays d’Asie ont décollé ; qu’il s’agisse de la chine, de l’inde, de la Corée du sud, qui en 1960 étaient des pays sous développés.

Ce sont les français qui sont venus les premiers en Afrique, sans demander l’avis des africains ; ils se sont imposés aux africains et ont appelé les africains quand ils avaient besoin d’eux ; que l’on se souvienne :
·         de la traite négrière transatlantique ;
·         des anciens combattants ;
·         de l’encouragement de l’immigration quand ils avaient besoin d’une main d’œuvre peu qualifiée et bon marché pour les basses taches.
Les blancs se sont servis sans jamais demander l’avis des populations africaines.
Le problème c’est que cette France colonisatrice refuse aujourd’hui d’assumer les conséquences de ses actes. Après avoir encouragé et soutenu les régimes dictatoriaux et incapables qui ont transformé par leur incurie nos pays en Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), cette France refuse d’accueillir les victimes de la gabegie, de la prévarication et des politiques d’exclusion et de pillage dont elle est directement responsable.
Monsieur Jacques Chirac a déclaré à plusieurs reprises que l’Afrique ne méritait pas la démocratie, alors que les africains, comme tous les peuples en ont soif, puisque c’est une condition pour le décollage économique ; qu’il souffre donc que les africains victimes du manque de liberté viennent chercher la démocratie en France. L’échec de nos pays, leur état de déliquescence est une conséquence de l’absence de démocratie.

À cela il faut ajouter les détournements de l’aide du reste insuffisante (0,55% du PNB en 1994 au lieu de 0,7%) provenant de la France (argent des pauvres des pays riches, volée par les riches des pays pauvres, avec l’approbation des certains riches des pays  riches) qui y retournait par des voies de traverse, où elle finançait les partis politiques de droite comme de gauche.

Sarkozy veut comme au temps de l’esclavage, trier les meilleurs d’entre nous pour les mettre au service de la France ; c’est de l’apartheid, c’est une sélection qu’il va opérer parmi les candidats à l’immigration.

Que vont chercher les africains en France ?
·         les jeunes en fin de parcours scolaire et académique sont en quête d’emploi devenu rare dans leurs pays suite à ce que vous savez ;
·         les étudiants sont à la recherche de bonnes conditions d’étude qui manquent cruellement chez eux comme ils l’ont signalé dans leurs mouvements de grève sauvagement réprimés ; parmi ces étudiants se trouvent les rejetons des pontes des régimes, responsables de la décrépitude des systèmes éducatifs dans leurs pays respectifs ;
·         les travailleurs sont à la recherche :
o   de bonnes conditions de travail,
o   du dialogue social,
o   de la sécurité sociale,
o   d’une justice sociale,
o   d’une rémunération équitable de leur effort ;
 conditions et rémunération qu’ils ne trouvent pas chez eux.

Sarkozy veut éteindre en aval un feu allumé avec la colonisation, et que les différents gouvernements français, de gauche comme de droite, alimentent en amont. Nous ne demandons pas aux français de nous donner ici dans nos pays ce que nos jeunes vont y chercher ; nos pays ont pour la plupart des ressources qui ne demandent qu’à être bien gérées pour répondre aux besoins de ceux qui émigrent ; malheureusement la France a empêché cette gestion saine et transparente en Afrique par son soutien permanent et actif aux gouvernements despotiques qui ont géré nos pays jusqu’à maintenant.

La loi Sarkozy va-t-elle réussir à refreiner les ardeurs des candidats à l’émigration en Afrique ? Cela tient du miracle ; en tout cas le débarquement par centaines de ces candidats aux îles canaries juste à la suite de l’adoption de cette loi nous prouve qu’il faut trouver autre chose pour décourager ces jeunes désespérés. 

200506
Tchassé jean-claude
Plesg, syndicaliste

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