lundi 21 septembre 2015

Impossible décolonisation. La France peut-elle se passer de l’Afrique ?



impossible décolonisation.
La France peut-elle se passer de l’Afrique ?
Article écrit en 2006
D
u 03 au 04 décembre 2005 s’est tenu  à Bamako la  23 è édition du  sommet France – Afrique ; cette réunion, initialement appelée sommet franco africain lorsqu’elle regroupait la France et ses anciennes colonies, mais qui aujourd’hui voudrait regrouper tous les 53 pays indépendants d’Afrique, est organisée à l’instigation de la France, qui décidément n’arrive pas à se départir de ses élans colonialistes.
 Le président français, en bute aux problèmes que tout   le monde connaît chez lui et dont on peut citer sans prétendre à  l’exhaustivité, la forte rivalité avec Sarkozy qui lui coupe le sommeil, les émeutes récentes dans les banlieues, animées par les descendants d’immigrés exclus de  la société française,  l’échec au référendum européen, etc.., s’est retourné vers l’Afrique à la recherche d’une chaleur, d’un calme et d’une sérénité qui lui font défaut en France ; il avait surtout besoin d’interlocuteurs passifs, sages, qui ne discutent pas et qui acquiescent tout; et qui pouvait jouer ce rôle  mieux que ce club de chefs d’état dont certains sont au  pouvoir grâce à son soutien indéfectible, et cela contre la volonté de leurs  peuples respectifs?
Chirac veut jouer à l’avocat de l’afrique et il pense pouvoir résoudre le problème d’endettement et de pauvreté qui accablent le continent noir par des discours incantatoires et démagogiques, alors même que concrètement, l’aide   publique au développement (APD) de  la France n’est qu’à 0,55% du PNB de ce pays, c’est-à-dire loin des 0,7 % du PNB recommandés ; ce pourcentage est   pourtant dépassé par les pays scandinaves, qui n’ont jamais colonisé l’Afrique, et qui sont plus discrets en la matière.
La France, qui a une dette inextinguible envers l’Afrique en raison des exactions et de la ponction des ressources matérielles et humaines qu’elle lui a infligées, et qui n’ont  jamais cessé, veut donc faire croire qu’elle est  plus concernée que les autres   pays du Nord par les problèmes de ce continent, alors que c’est elle qui contribue à les créer et à les aggraver. À titre d’exemple, regardez les amis de Chirac ; ce sont pour la plupart des dirigeants arrivés au pouvoir  par des coups d’états, donc par des voies illégales, ou à la suite de tripatouillages constitutionnels, et qui se sont arrangés pour s’y  maintenir à vie par des élections truquées et antidémocratiques, avalisées par M. Chirac, qui se précipite pour les féliciter, bien avant même que l’instance compétente n’ait proclamé les résultats  ; ce sont ces régimes notoirement corrompus et tribalistes familiers de scandales et de détournements, qui prospèrent sur l’impunité, et  dont les dirigeants mènent des trains de vie fastueux et insolents, qui sont autant d’insultes et de provocations face à la misère noire dans laquelle se vautrent et pataugent les populations impuissantes. Faut-il citer des exemples ?
Omar Bongo qui prétend avoir gagné des élections en ce mois de novembre 2005 a déjà fait 38 ans au pouvoir ; il n’a été maintenu au   pouvoir que grâce à  l’intervention des militaires français, alors qu’il était sur le point d’être renversé par un coup d’état peu après son arrivée au  pouvoir ; il n’a pas pu développer un petit pays comme le Gabon, malgré la manne pétrolière dont   la nature a gratifié ce pays.
Eyadéma fils a d’abord fait un coup d’état, alors que le mécanisme constitutionnel prévu avait été actionné à la suite du décès de son  putschiste de père,  avant d’être contraint d’organiser des élections frauduleuses, dénoncées notamment   par son ministre de l’intérieur, juste avant le scrutin,  puis  par un rapport de l’ONU après le scrutin. Pour se maintenir au pouvoir dans un Togo devenu une dynastie, il a contraint des Togolais à l’exil ; Dieu seul sait combien de togolais ont payé de  leur vie leur soif de démocratie.
Blaise Compaoré est arrivé au   pouvoir en 1987 par un coup d’état sanglant où Thomas sankara a perdu la vie ; depuis lors il s’est arrangé pour se maintenir au   pouvoir par des pratiques détestables connues de tous ; le dernier tripotage en date est la modification de la constitution par la levée de la limitation du   nombre de  mandats ;
Sassou Nguesso au Congo a pris le pouvoir grâce à des milices qu’il a organisée et qui étaient plus puissantes que l’armée nationale.
Voilà quelques exemples parmi les chers amis de M. Chirac ; des individus qui ont contribué à accroître l’endettement et la misère de leurs peuples par leur gabegie et leur impéritie.
La France considère toujours l’Afrique, dont elle continue par ailleurs de profiter (n’était pas le but numéro un de la colonisation ?) comme sa chasse gardée ; elle a étendu la notion de pré carré à toute l’Afrique, et l’on   peut en toute légitimité se demander ce que vont chercher dans de tels regroupements des Présidents tels que Ahmadou Toumani Touré, abdoulaye Wade, Thabo Mbeki, Helen Johnson Searlif.
061205
Tchassé jean-claude
Plesg, syndicaliste


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