jeudi 18 juin 2015

Le Chrétien et l'argent



Le chrétien et l’argent.
Le chrétien entretien avec l’argent un rapport assez ambigu. Il est sollicité chaque dimanche et à chaque office religieux pour l’offrande et pour contribuer à d’autres activités et travaux de l’église. En se référant à Malachie 3 :10 « Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, Afin qu'il y ait de la nourriture dans ma maison; Mettez-moi de la sorte à l'épreuve, Dit l'Éternel des armées. Et vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, Si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance » , il est souvent demandé au chrétien de faire la dîme, c’est-à-dire de contribuer à hauteur de 10% de ses revenus. Cela permet de cultiver le détachement des biens matériels, et de renforcer la foi du croyant puisque le montant donné traduit le niveau de foi du chrétien. En même temps le chrétien qui veut gagner de l’argent ressent de la culpabilité. Il est vrai que certains passages bibliques, pris à la lettre, n’encouragent pas du tout la recherche du gain. Quand Saint Paul dit dans 1 Timothée 6 : 10 « car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux », on retient que c’est l’argent lui-même qui est la racine de tous les maux. Il y a la parabole du pauvre Lazare et de son riche voisin qui peut laisser croire que Lazare est allé au paradis parce qu’il était pauvre et misérable, et que son riche voisin est allé en enfer à cause de sa richesse. Luc 16 : 19-31. Et cette déclaration des béatitudes, venant du Seigneur Jésus lui-même pendant le sermon sur la montagne, Mathieu 5 : 3  « heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux es à eux ! », souvent réduit en « heureux les pauvres ». Vient ensuite Mathieu 19 : 24 « Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » Quand on pense que le séjour au ciel va durer une éternité, que la durée de vie sur terre est de 100 ans au maximum, et que l’argent, la richesse, l’opulence peuvent être un obstacle à l’accès au Paradis, où on va vivre une éternité dans la félicité et le bonheur, on peut conclure qu’il est préférable de souffrir pendant notre séjour sur terre. Certains peuvent pousser le raisonnement jusqu’ à penser qu’il faut même réduire le séjour sur Terre, pour vite aller au Paradis. Voilà l’idée qui pousse certains croyants au suicide. Et dans certaines confessions ces suicides sont commis au cours d’attentats spectaculaires que les auteurs veulent rendre aussi meurtriers que possible. Nous avons vu plus haut que l’idée selon laquelle Jésus était pauvre  est erronée. Il vivait dans le détachement ; il ne connaissait pas le manque, il n’était pas dans la pénurie. Les soldats romains qui l’on crucifié ont procédé à un tirage pour savoir à qui parmi eux reviendrait le vêtement de Jésus qui était de haute facture. La richesse matérielle est donc perçue comme un péché, et la pauvreté, une vertu. Les chrétiens seraient-ils donc venus sur la terre souffrir ? Certains répondent par l’affirmative en rappelant les paroles de l’Eternel dans Genèse, lorsqu’il chassait Adam et Eve du paradis à la suite du péché originel. Genèse 3 : « 16 Il dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. 17 Il dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, 18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs. 19 C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » il y a une autre confusion à lever : on associe souvent la pauvreté à la souffrance. S’il fallait choisir entre un riche atteint d’une maladie chronique et un pauvre en bonne santé, que ferions nous ? sauf que le pauvre en bonne santé qui pense tout le temps à sa pauvreté et qui s’inquiète tout le temps de son incapacité à se soigner s’il tombe malade, n’est pas finalement mieux loti que le riche malade. On peut être riche et souffrir. Le riche insatisfait, qui a peur tout le temps de devenir pauvre, qui a tout le temps peur de perdre son argent souffre. Il y a des choses importantes pour un homme qui ne s’achètent pas. Dans quel marché vend-on la paix de l’esprit ? dans quel marché vend-on un foyer où règne la paix l’harmonie ? dans quel marché vend-on les enfants, les enfants des deux sexes ? les enfants bien portants et sages ? l’amitié sincère ? voilà des exemples de petites choses que l’argent n’achète pas. En fin de compte quel est l’objectif ? Que recherchons nous ou mieux que devrions nous rechercher sur la Terre ? En tout cas l’objectif du chrétien doit être de sa vie un bon témoignage de l’existence, de la présence et de l’action de Dieu. Il est clair que l’argent rend la vie plus aisée, plus confortable et rend la souffrance plus supportable. Alors que des non croyants et adeptes des autres religions connaissent l’aisance matérielle, pourquoi penser que le sort du chrétien est de souffrir ? Pourtant il est question d’abondance dans la Bible. Dans le passage tiré de Malachie cité ci-dessus, l’Eternel promet l’abondance, le Roi Salomon a vécu dans une opulence légendaire ; dans Exode, l’Eternel promettait une terre d’abondance où coule le lait et le miel, etc..les chrétiens ont besoin d’argent pour eux-mêmes et pour leurs églises. L’or et l’argent appartiennent à Dieu. C’est légitime et noble d’aspirer à l’aisance matérielle. La pauvreté, le manque, la misère, n’ont rien de vertueux ; ceux qui les vivent sont tentés de commettre les péchés, de devenir malhonnêtes, de s’éloigner de Dieu. Il est question de se départir de ce sentiment de limitation, de ne plus se sentir dépassé et impuissant quand il s’agit de l’argent. Le chrétien doit avoir à l’esprit les promesses du Seigneur, et se souvenir toujours des paroles du psalmiste qui dit l’Eternel est mon berger, je ne manquerai de rien.

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