lundi 7 septembre 2015

Discrimination négative. L’immigration selon nicolas sarkozy.

Cet article écrit en 2006 sur l'émigration et publié par le Messager, reste d'actualité. les propositions faites demeurent valables.


Discrimination négative.
L’immigration selon nicolas sarkozy.

Monsieur Nicolas Sarkozy, fils d’immigré, actuel ministre français de l’Intérieur, Président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), et prétendant à la succession de Jacques Chirac,  vient de faire adopter par l’Assemblée Nationale française, ce 18 mai 2006, une loi sur l’immigration qui sera désormais « choisie » et non « subie » ; que peut-on attendre de cette loi ? c’est une loi restrictive s’il en est dans un contexte où les jeunes africains désespérés pensent que l’émigration vers les pays d’Europe en général et la France en particulier est la seule voie de salut.

De quoi s’agit – il ? Il convient de resituer le débat dans son contexte réel, au delà des passions, des égoïsmes, des ambitions politiques, des chauvinismes, des calculs, et des réflexions intéressées des uns et des autres. Voilà les pays africains, anciennes colonies françaises qui près de 50 ans après les prétendues indépendances, demeurent sous développées, et sont incapables d’offrir aux aspirations légitimes  de leurs populations en général et de leurs jeunesses respectives en particulier, les réponses idoines; les perspectives d’emploi sont quasi inexistantes ; les services publics ne fonctionnent pas ; l’État est défaillant, victime d’une gestion patrimoniale, de la corruption, de l’incompétence, de l’impéritie et de la malhonnêteté  de régimes mis en place avec la complicité de l’ancien colonisateur français qui a vicié le processus d’émancipation des peules, en veillant à ce que ne parviennent au pouvoir que les plus médiocres. Pendant ce temps, les patriotes avérés, et peu enclins au compromis avec les magouilles françaises, ont été combattus et massacrés par le corps expéditionnaire ou des espions à la solde de Foccart.
Le système mis en place est verrouillé ; il n’ y a pas d’alternance possible par la voie des urnes, les élections étant des parodies, des farces de mauvais goût marquées par des fraudes massives, le bourrage des urnes, et d’autres malversations perpétrés par une administration qui n’hésite pas à se départir de la neutralité qu’elle devrait observer en tant que arbitre, pour prendre sans scrupules faits et causes en faveur du régime en place.

Voulez-vous un bilan de ces rapports ambiguës et interlopes mis en place après les prétendues « indépendances » de ces pays, et que les français appellent pudiquement coopération ? L’obstination et la détermination des jeunes à aller en Europe que n’ont pu entamer :
·         ni les vols charters ;
·         ni la cruauté des capitaines de bateaux qui les jetaient en mer, en pâture aux requins ;
·         ni la méchanceté des policiers marocains qui allaient les abandonner en plein désert sans ressources ;
·         ni les accidents (pirogue et autres embarcations de fortune qui chavirent) ;
·         ni les barrières électrifiées ;
·         ni les obstacles naturels dressés sur leur chemin,
 est le signe le plus indéniable de l’échec de cette fameuse et malfaisante coopération.
Oui, la coopération africaine avec la France est un échec, si tant est qu’elle ait eu pour but d’aider les africains, et cela ne surprend pas ; les français n’avaient pas intérêt à ce que nos pays soient véritablement indépendants, et leur interventionnisme dans les affaires intérieures de nos pays en témoigne plus qu’éloquemment. Comment pouvait-il en être autrement quand le seul souci des français est de perpétuer les rapports de domination et d’exploitation commencés avec la colonisation ?

Comment comprendre par exemple l’intervention active de la France au Tchad pour soutenir un régime dénoncé pour ses dérives et rejeté par les populations ? Les français ont  mis  à contribution leurs avions de combat pour dérouter les rebelles qui étaient sur le point de prendre Ndjaména. Que dire du rôle trouble de la France au Rwanda, en Cote d’Ivoire et dans tous les autres pays pour soutenir vaille que vaille des régimes corrompus et incompétents ou à contrario pour soutenir des rebellions contre des régimes qui manifestent des velléités d’autonomie ?
Pendant ce temps les pays d’Asie ont décollé ; qu’il s’agisse de la chine, de l’inde, de la Corée du sud, qui en 1960 étaient des pays sous développés.

Ce sont les français qui sont venus les premiers en Afrique, sans demander l’avis des africains ; ils se sont imposés aux africains et ont appelé les africains quand ils avaient besoin d’eux ; que l’on se souvienne :
·         de la traite négrière transatlantique ;
·         des anciens combattants ;
·         de l’encouragement de l’immigration quand ils avaient besoin d’une main d’œuvre peu qualifiée et bon marché pour les basses taches.
Les blancs se sont servis sans jamais demander l’avis des populations africaines.
Le problème c’est que cette France colonisatrice refuse aujourd’hui d’assumer les conséquences de ses actes. Après avoir encouragé et soutenu les régimes dictatoriaux et incapables qui ont transformé par leur incurie nos pays en Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), cette France refuse d’accueillir les victimes de la gabegie, de la prévarication et des politiques d’exclusion et de pillage dont elle est directement responsable.
Monsieur Jacques Chirac a déclaré à plusieurs reprises que l’Afrique ne méritait pas la démocratie, alors que les africains, comme tous les peuples en ont soif, puisque c’est une condition pour le décollage économique ; qu’il souffre donc que les africains victimes du manque de liberté viennent chercher la démocratie en France. L’échec de nos pays, leur état de déliquescence est une conséquence de l’absence de démocratie.

À cela il faut ajouter les détournements de l’aide du reste insuffisante (0,55% du PNB en 1994 au lieu de 0,7%) provenant de la France (argent des pauvres des pays riches, volée par les riches des pays pauvres, avec l’approbation des certains riches des pays  riches) qui y retournait par des voies de traverse, où elle finançait les partis politiques de droite comme de gauche.

Sarkozy veut comme au temps de l’esclavage, trier les meilleurs d’entre nous pour les mettre au service de la France ; c’est de l’apartheid, c’est une sélection qu’il va opérer parmi les candidats à l’immigration.

Que vont chercher les africains en France ?
·         les jeunes en fin de parcours scolaire et académique sont en quête d’emploi devenu rare dans leurs pays suite à ce que vous savez ;
·         les étudiants sont à la recherche de bonnes conditions d’étude qui manquent cruellement chez eux comme ils l’ont signalé dans leurs mouvements de grève sauvagement réprimés ; parmi ces étudiants se trouvent les rejetons des pontes des régimes, responsables de la décrépitude des systèmes éducatifs dans leurs pays respectifs ;
·         les travailleurs sont à la recherche :
o   de bonnes conditions de travail,
o   du dialogue social,
o   de la sécurité sociale,
o   d’une justice sociale,
o   d’une rémunération équitable de leur effort ;
 conditions et rémunération qu’ils ne trouvent pas chez eux.

Sarkozy veut éteindre en aval un feu allumé avec la colonisation, et que les différents gouvernements français, de gauche comme de droite, alimentent en amont. Nous ne demandons pas aux français de nous donner ici dans nos pays ce que nos jeunes vont y chercher ; nos pays ont pour la plupart des ressources qui ne demandent qu’à être bien gérées pour répondre aux besoins de ceux qui émigrent ; malheureusement la France a empêché cette gestion saine et transparente en Afrique par son soutien permanent et actif aux gouvernements despotiques qui ont géré nos pays jusqu’à maintenant.

La loi Sarkozy va-t-elle réussir à refreiner les ardeurs des candidats à l’émigration en Afrique ? Cela tient du miracle ; en tout cas le débarquement par centaines de ces candidats aux îles canaries juste à la suite de l’adoption de cette loi nous prouve qu’il faut trouver autre chose pour décourager ces jeunes désespérés. 

200506
Tchassé jean-claude
Plesg, syndicaliste

les Nominations sous le renouveau : Quand arbitraire, politique et marchandage s’entremèlent.



les Nominations sous le renouveau :
Quand arbitraire, politique et marchandage s’entremèlent.

comment fait-on pour être promu aux postes de responsabilité dans notre pays ? Ce n’est pas évident. Les autorités se réfugient derrière leur pouvoir discrétionnaire pour s’adonner à leur jeu favori. Corruption, clientélisme, favoritisme, tribalisme, tout y passe. Le dévouement, la compétence, l’intégrité ne sont ni nécessaires, ni suffisants pour être promu ; ceux qui attendent d’être remarqués par leur ardeur et leur acharnement  au travail sont royalement ignorés ; la nomination ne vient pas toute seule ; en général, il faut la solliciter et les postulants ne s’embarrassent pas de considérations morales dans leurs quêtes. parmi les critères, on peut citer :
·         le militantisme au RDPC ; à défaut, éviter de se faire remarquer comme opposant ;
·         l’appartenance à certains cercles ésotériques ou mystiques ;
·         l’adhésion à la pensée unique, à la langue de bois ; éviter de contrarier le chef, même quand il est évident qu’il poursuit des objectifs étrangers à ceux du service ;
·         la pratique de certaines activités immorales et surtout illégales comme l’homosexualité, la pédophilie, etc.
De par la Constitution de la République, le Chef de l’état nomme aux emplois civils et militaires. Cette disposition fait de lui un faiseur de rois, en l’absence de l’obligation de consulter par exemple le Parlement qui devrait quand même donner son avis pour certaines hautes fonctions. Il en profite donc pour recruter des cadres pour son parti. Ces cadres dont la mission essentielle est d’assurer sa pérennité au pouvoir ; le rendement au service est accessoire, secondaire. Ce sont eux qui sont mis plus tard à contribution pour fausser les résultats des élections par toutes sortes de manœuvres, comme nous l’avons vu par exemple avec les administrateurs civils.
Chaque acte de nomination est suivi du fameux article « deux » qui permet aux heureux élus de bénéficier des avantages de toutes sortes ; certains avantages sont officiels et d’autres – les plus importants sans doute – sont officieux, inavoués ; ainsi par exemple où vont les montants alloués aux lignes budgétaires tels  que « entretien véhicule » et « carburant », dans ces nombreux services ne disposant pas de véhicules de service ? cet article « deux » sur lequel tout le monde se focalise, fait de la nomination une récompense ; c’est une couronne et non une charge pour le bénéficiaire; l’accès à certains postes vous sort de l’anonymat et de la grisaille ; villa haut standing et grosse cylindrée de service, fréquentes missions fictives ou réelles de longue durée à l’étranger, multiples séminaires, etc. vous accédez à une niche de prospérité dans un océan de précarité, puisque votre collègue qui a la même qualification, le même grade et la même ancienneté que vous, mais qui n’est pas nommé, tire le diable par la queue. c’est pour cela que dès la publication de l’acte de nomination, on commence par remercier le Chef de l’Etat pour la confiance accordée, on organise ensuite la fête au village, laquelle se termine par des marches et des motions de soutien au Président de la République. Ces nominations récompensent davantage le militantisme au parti au pouvoir que le dévouement au service et le bon rendement obtenu. La grosse différence de traitement entre le fonctionnaire nommé et le fonctionnaire « simple » a pour but de rendre ces postes attractifs, de susciter les convoitises qui amènent les postulants à remplir les exigences posées par les pourvoyeurs, et dont nous avons cité quelques unes. C’est du chantage ; obnubilé par les avantages, effrayé, voire traumatisé par sa dèche et son impécuniosité, celui qui sollicite un poste en perd tout sens moral, tout scrupule, toute lucidité.
Le nommé n’a aucune obligation de résultats, il est là pour se servir. Il devrait y avoir un cahier de charges, où l’on fait l’état des lieux au moment où il prend fonction, avec des objectifs à atteindre et une durée fixée pour y parvenir. En tout état de cause, une durée maximale devrait être fixée pour le séjour à un poste, parce qu’on trouvera toujours un camerounais capable de faire mieux. Il suffirait de lancer un appel à candidature. Si l’on s’amuse à recenser les compétences et les potentialités humaines que compte notre pays, on verra, que pour chaque poste de directeur d’Administration centrale, il y aurait au moins un millier de postulants qualifiés. Il est donc inadmissible que des personnes à la compétence, à l’intégrité morale douteuses, aient séjourné plus de quinze ans à des hauts postes de responsabilité dans un pays comme le nôtre. Qu’un tel individu ait séjourné au même poste pendant si longtemps, ou qu’il ait changé de postes en gardant de hautes fonctions, l’indignation demeure valable. La limitation du séjour aux postes de responsabilité est une question de justice et d’équité pour ces nombreux cadres compétents qui finissent leurs carrières sans jamais être nommés, et à qui l’on ne reproche pourtant rien.
La fonction appartient à l’Etat, et le grade au fonctionnaire, et il est nommé à titre essentiellement précaire et révocable, dit-on. Le nommé ne sait jamais combien de temps il va mettre en poste, et d’autre part, d’autres postulants se battent pour occuper sa place ; il vit donc sous la hantise d’être « appelé à d’autres fonctions ». C’est pour cela qu’il a deux préoccupations majeures : la première est de s’enrichir le plus vite possible, avant qu’il ne soit trop tard ; la deuxième, c’est de  conserver son poste par tous les moyens, à défaut de progresser; il est prêt à vendre père et mère pour y parvenir. Et s’il a l’impression que certains parmi ses collaborateurs sont des obstacles à la réalisation de cet objectif, il brandit son titre de chef, et n’hésite pas à recourir à toutes sortes de bassesses, de petitesses et d’abus d’autorité pour les mettre « hors d’état de nuire », aux dépens du service. Ceci peut expliquer, entre autres, l’acharnement dont certains militants syndicaux ont été victimes de la part de leurs chefs.
La nomination ne confère ni la compétence, ni le patriotisme. Aussi vrai que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a, il ne suffit pas de le vouloir pour devenir compétent et performant ; il faut allier à cette volonté, entre autres, la qualification, l’enthousiasme, la motivation, l’intégrité morale, le talent, l’amour, que dis-je, la passion du travail, les prédispositions naturelles, le sens poussé du bien commun, qui sont autant de dispositions, d’aptitudes et qualités qui sont loin d’être partagées par les chasseurs invétérés de postes ; ce n’est pas une simple question de diplômes, puisque à qualification égale, les rendements ne sont pas nécessairement les mêmes.  Comment donc expliquer l’attitude de ces chefs qui gèrent « leurs » services comme des roitelets, qui se distinguent par des décisions préjudiciables au service, parce qu’ils n’entendent pas associer les collaborateurs souvent plus gradés et plus expérimentés ?
Les syndicats qui se battaient entre autres pour que les promotions se fassent sur des critères objectifs, pour que ce soit un instrument d’émulation, un encouragement au désintéressement et au renoncement à soi, ont été combattus comme nous le montrerons plus bas. Il se dit que des groupes de camerounais ont organisé des tontines pour permettre à leurs membres d’accéder à tour de rôle à des postes de responsables ; c’est un véritable marché ; vous vous arrangez pour acheter un poste ; une fois nommé, vous faites tout pour récupérer votre mise, avec bénéfice. C’est ce qui explique le comportement prédateur de certains responsables qui n’hésitent pas à monnayer leurs services en vendant leurs signatures, à escroquer leurs collaborateurs, à détourner par des pratiques bien huilées et par ailleurs bien connues les budgets des services, tout cela sur le dos de l’usager qui doit casquer dès qu’il sollicite le moindre service. La course aux postes est une activité lucrative comme une autre, et elle peut rapporter gros.
L’on invoque parfois, dans une tentative vaine et dérisoire d’expliquer les incongruités, les injustices et les abus observés, la politique d’équilibre régional évoquée supra. Si l’on passait les nominations au crible de l’arrêté cité ci-dessus, il apparaîtrait immédiatement des disparités révoltantes. Le délit de patronyme demeure cruellement d’actualité. Les ressortissants de certaines régions semblent destinés à être des directeurs, tandis que d’autres restent confinés toutes leurs carrières aux seconds rôles. La notion de pouvoir discrétionnaire a conduit à toutes sortes d’excès; on peut bien comprendre que l’on y fasse recours pour choisir entre deux personnes ayant la même qualification, la même ancienneté et la même compétence, qui sont pressenties pour pouvoir à une même fonction ; mais ce que l’on voit c’est des abus du genre qui consistent à mettre à l’écart les plus compétents, les plus intègres, en faveur des personnels au profil douteux. 
En fin de compte, ce système, qui vaut à notre pays de figurer parmi les pays les plus corrompus de la planète, bride et brime notre génie collectif ; l’ardeur au travail n’est pas encouragée, c’est une  prime à la médiocrité et à la paresse. Il n’ y a de place ni pour la créativité, ni pour l’inventivité, ni pour l’initiative, ni pour l’audace, qui libéreraient toutes les potentialités qui sommeillent en nous, et qui manquent les conditions propices à leur expression totale.

REVISION DE LA CONSTITUTION POUR M. BIYA: Les camerounais peuvent-ils l’accepter ?

Article écrit en février 2008 pour dénoncer les manipulations et les tripatouillages infligées à notre texte constitutionnel.



REVISION DE LA CONSTITUTION POUR M. BIYA:
Les camerounais peuvent-ils l’accepter ?

Comment imposer, contre la volonté du peuple, une modification de la Constitution, dont la seule finalité est de permettre à Monsieur Biya de briguer un nouveau mandat ? Tel est le problème qui préoccupe le plus le régime camerounais ces derniers temps. C’est un gros problème, dans la mesure où en vérité, très peu d’éléments militent en faveur de M. Biya. Son bilan par exemple est loin d’être élogieux; et même s’il l’était, comment comprendre qu’un tel camerounais, qui est loin, mais alors très loin, de représenter ce que notre pays peut produire de mieux en terme de qualification, de compétence et d’engagement patriotique, qui a déjà passé, par les moyens peu honorables que nous savons tous, 45 ans au sommet de l’Etat, dont 25 comme Président de la République s’accroche avec tant de hargne ?

25 ans, c’est trop, et ça suffit.
25 ans, c’est un quart de siècle ; c’est un âge que beaucoup de camerounais n’ont pas pu atteindre, en raison des taux de mortalité infantile élevés ; il serait intéressant de savoir quel est le pourcentage de camerounais de cet âge,  qui ont pu braver les nombreux dysfonctionnements de notre système éducatif malade, pour avoir le Baccalauréat ; beaucoup de mariages, déstabilisés par les politiques sociales inadaptées (mise en chômage, salaires réduits, gelés, impayés, etc…) n’ont pas duré si longtemps ; en 25 ans, beaucoup de corps de la fonction publique vont à la retraite, et de nombreux camerounais qui ont été recrutés à 35 ans dans ces corps feront à peine 25 ans de carrière.
           
Fonction discréditée.
Cette attitude de M. Biya, qui consiste à s’accrocher au pouvoir sans se soucier de ce peuvent en penser les camerounais, contribue à dévaloriser et à discréditer la fonction présidentielle, convoitée uniquement pour les multiples avantages matériels qu’elle procure ; elle  donne la possibilité dans notre contexte autocratique, de manipuler le pouvoir  législatif, pour s’octroyer une immunité, laquelle met ses promoteurs au dessus de la loi, et surtout à l’abri de toute poursuite, permettant ainsi à un groupuscule de prendre en otage tout un peuple ; objectif à atteindre par tous les moyens, sujet sur lequel se cristallisent et se focalisent toutes les attentions, objet de toutes les ambitions et de toutes les convoitises, avouées ou non, dévoilées ou cachées, malsaines ou non, illégitimes ou non, cette fonction est devenue une source de division, un moyen de coercition, de domination et d’oppression de nos populations. Pour y parvenir, certains sont prêts à toutes les compromissions et à tous les sacrifices ; ils n’hésiteraient pas à mettre le pays à feu et à sang s’il le fallait. L’Etat s’en sort désacralisé et décrédibilisé, en raison l’image négative qu’en donnent ses hauts commis.
L’article 6.2. qu’on veut ainsi changer n’a jamais été appliqué ; on ne voit donc pas, en dehors des  sophismes et autres spéculations de la dialectique spécieuse que ces messieurs affectionnent, quels sont les inconvénients réels de ses dispositions ; qu’est-ce qui fait donc problème ?

Détournement de pouvoir.
Ce qui dérange davantage, c’est les moyens dont le pouvoir use pour museler la population et l’empêcher de s’exprimer ; les seules manifestations autorisées sont celles qui sont « inoffensives », à défaut d’aller dans le sens souhaité par le pouvoir. L’administration camerounaise, comme d’habitude est utilisée pour faire la volonté de M. Biya. Le gouverneur du Littoral se permet ainsi d’interdire les manifestations dans son territoire de compétence ; les forces de l’ordre établi sont mises à contribution pour disperser les manifestants, à défaut de les empêcher de se réunir, et de quelle manière ! L’on perçoit une fébrilité qui ne peut s’expliquer que par la conviction qu’a le pouvoir, que les populations ne souhaitent pas voir notre loi fondamentale modifiée dans le sens souhaité par lui, et indiqué par M. Biya lui-même dans son discours de fin d’année.
La brutalité de la répression vise à dissuader les populations de participer à d’autres manifestations. L’une des manifestations sévèrement réprimée a eu lieu le 23 février 2008, pendant que le carnaval de Bonapriso, qui est une manifestation publique avec des centaines de participants se déroule dans la rue sans problème, avec les policiers qui accompagnent, sans réprimer. Mais peut-on museler indéfiniment une population comme celle du Cameroun ?

L’administration prise en otage.
L’administration est-elle au service d’un individu ou au service du peuple ? Les ressources humaines et matérielles de l’Etat appartiennent-elles à M. Biya ? Telle est la question qui revient. Les média publics (CRTV, Cameroon Tribune) financés le contribuable sont transformés en instrument de manipulation, de désinformation au profit de M. Biya. Ainsi,  on y donne la parole uniquement à ceux qui soutiennent le projet de modification du fameux article 6.2. Quand on interdit aux journalistes du service public de participer aux débats dans les chaînes de télévision privées, comme cela a été révélé lors de l’émission Canal Presse du 17 février 2008 de Canal 2 International, cela signifie que la liberté d’expression n’est que de façade, et que la ligne éditoriale des média publics est essentiellement caractérisée par un directivisme inacceptable, au mépris de la déontologie journalistique.
De l’autre coté, les députés sont mis à contribution ; ils sont choyés, avec notamment leurs émoluments qui sont accrus, pour vaincre toute résistance de leur part ; en se laissant acheter, l’instance législative prouve sa collusion avec l’exécutif, qu’elle devrait pourtant contrôler ; le pouvoir constituant dérivé va ainsi être mise en œuvre pour une question aussi cruciale, qui aurait dû normalement faire intervenir le pouvoir constituant originaire.

Pourquoi un débat maintenant ?
Il  n’y a donc pas de débat sur la question, et s’il en fallait un, pourquoi faudrait-il le faire maintenant ? Ils ont déjà réussi à focaliser l’attention sur cette question de révision, négligeant au passage les problèmes de l’heure, qui accablent les populations. Ne peut-on pas attendre que l’élection présidentielle de 2011 ait lieu, avant de réviser en toute sérénité la Constitution ? Cela apaiserait ceux qui comme moi, pensent que la levée de la limitation des mandats pour permettre à M. Biya de se représenter est la seule et véritable motivation du pouvoir. Quand la France appelle à un débat démocratique et pacifique  sur la question dans son communiqué du 25 février 2008, elle prend déjà parti pour le régime de Yaoundé, puisqu’elle lui concède que le moment est indiqué pour ce débat. D’ailleurs, le pouvoir minoritaire et illégitime de Yaoundé n’a jamais eu l’intention d’organiser un débat sur la question ; sa stratégie consiste à donner la parole à quelques farceurs qui le soutiennent, afin de faire croire que l’opinion est favorable à ce projet, avant d’aller le faire avaliser par un Parlement déjà acquis à sa cause. Le régime de Yaoundé est essentiellement réfractaire et imperméable au dialogue ; il excelle dans la roublardise, dans les manigances et la tromperie, et ses promesses n’engagent que ceux qui ont la naïveté d’y croire.

Le Cameroun, un volcan endormi
Le Cameroun est le seul peuple qui a pris les armes contre la colonisation française, c’est encore l’un des rares peuples qui a organisé les villes mortes en Afrique ; c’est donc un volcan endormi qui peut se réveiller à tout moment ; le pouvoir, qui en est conscient perçoit dans les manifestations de Douala et les marches de Mboua Massock, les signes avant coureurs du réveil qu’ils redoutent. Que peuvent en effet les policiers contre un peuple déchainé ? Pas grand-chose.

Peur panique de l’après-pouvoir.
Il faut dire que ce qui effraie le pouvoir, ce sont les multiples coups de force qu’il a perpétrés contre le peuple et contre la démocratie. Chaque exaction a contribué à faire monter la pression, et à mesure que le temps passe, l’on se rapproche de l’instant fatidique de l’explosion.
C’est surtout la perspective de l’après-pouvoir, quand il faudra  rendre compte de tous les crimes, dérives  et autres extorsions commis qui constitue une véritable hantise pour M. Biya. Mais s’accrocher au pouvoir, vouloir quitter le pouvoir dans un cercueil, c’est opter pour la fuite en avant ; cela aggrave la situation de ces messieurs, parce que leur présence au pouvoir signifie que la récréation continue ; les prévaricateurs vont pouvoir continuer leur sale besogne ; c’est une option porteuse de graves dangers ; voyez ce qui se passe au Tchad ; c’est la conséquence d’une modification de la Constitution imposée par Idriss Déby dans les mêmes conditions qu’au Cameroun. Les penchants autocratiques endormis dans certains camerounais des autres tribus vont les pousser à utiliser cela demain comme prétexte pour légitimer leur désir de battre le record des Béti-Boulou et des Fulbé au pouvoir. M. Biya s’apprête à poser un acte d’une irresponsabilité historique inexprimable ; en est-il seulement conscient ? Aveuglé qu’il est par le goût du lucre, obnubilé qu’il est par la convoitise et le désir de puissance.

Une légitimité sujette à caution.
De quelle légitimité un tel régime, passé maître en coups fourrés antidémocratiques peut-il se prévaloir ? Toutes les élections ont été truquées, ce qui a aboutit à des institutions dont la légitimité est sujette à caution. La Communauté Internationale qui condamne souvent à tort certains coups d’état devrait sérieusement reconsidérer sa position, et reconnaître aux peuples le droit de se débarrasser de ces tyrans boulimiques qui ne songent qu’à s’éterniser au pouvoir, et dont les règnes s’accompagnent de calamités pour les populations.
La réaction du pouvoir est la preuve qu’il sait la grande majorité de la population opposée à la volonté de M. Biya qui n’a d’ailleurs jamais été qu’un mal élu, de s’éterniser au pouvoir.
250208
TCHASSE JEAN-CLAUDE
PLEG, Syndicaliste
Tel : 677134916/694617377

samedi 5 septembre 2015

Elections truquées : Quand l’histoire bégaie.

Article écrit après l'élection présidentielle de 2004. J'y dénonce les fraudes que j'ai observées.



Elections truquées :

Quand l’histoire bégaie.

           
            Le Gouvernement de Monsieur Biya et lui-même avaient promis au peuple camerounais et à la communauté internationale une élection démocratique et transparente, comme on n’en avait jamais vue au Cameroun. C’était oublier le proverbe qui dit « chassez le naturel, il revient au galop ». On a pu remarquer que M. Biya utilisait les moyens humains et matériels de l’Etat pour faire sa campagne ; il a bloqué l’argent qui devait servir à financer la campagne, paralysant ainsi les autres candidats qui n’avaient pas de moyens ; lui et son Gouvernement s’étaient déjà opposés à l’informatisation du fichier électoral, pour favoriser les inscriptions multiples et les cartes de vote multiples pour un même individu. Il a ensuite fait museler les candidats qui disaient des choses qui ne lui plaisaient pas ; il a donc censuré les propos des ses adversaires ! Peut – on être arbitre et joueur sans être partial ?

Le jour du vote, après avoir accompli mon devoir de citoyen, j’ai pu remarquer que :
            L’encre n’était pas indélébile ; j’ai pu faire disparaître toute trace d’encre de mon doigt ; ceux qui détiennent plusieurs cartes et dont les journaux ont parlé pourront aisément effacer les traces d’encre et voter autant de fois qu’ils le souhaiteront.

            La carte d’identité nationale n’était pas exigée, ce qui fait que celui qui se présente avec une carte de vote peut ne pas être le détenteur réel ; c’est avec cette technique que le régime a toujours fait voter les morts pendant les consultations électorales antérieures; j’ai par exemple vu un homme voter avec la carte de vote d’une femme.

            J’ai pu prendre à défaut la vigilance des membres du bureau de vote, en constatant que mon prédécesseur n’avait pas jeté les bulletins non utilisés dans le sac prévu à cet effet ; ceux à qui l’on a demandé de ramener les bulletins des partis d’opposition contre espèces sonnantes et trébuchantes peuvent tranquillement se livrer à leur sale besogne ; deuxièmement, je suis sorti sans jeter mon enveloppe dans l’urne, et quand je l’ai constaté dehors je suis tout simplement revenu de l’extérieur jeter mon enveloppe dans l’urne, sans être inquiété ; voilà comment on peut très bien  bourrer les urnes, même si elles sont transparentes ; quelles consignes a-t-on donc donné aux membres des bureaux de vote ?

            Pourquoi n’a-t-on pas fait retirer les bulletins des candidats qui se sont désistés ? Pour jeter le trouble dans l’esprit de l’électeur, pardi !

            Les observateurs du Commonwealth et ceux de Francophonie que j’ai rencontrés sauront-ils relever toutes les irrégularités qui marqué ces consultations ? la tricherie s’est faite en amont et le jour du scrutin il n’ y pas grand chose à voir et si l’on n’y prend garde on qualifier la mascarade de M. Biya d’élections démocratiques.
           
Il eût été naïf d’espérer des élections véritablement libres et transparentes dans ce pays. Même si le gouvernement le voulait, il ne pourrait pas, parce qu’il lui manquerait tout simplement l’expérience requise. Ainsi que le rappelle le Cardinal Christian Tumi ; il n’y a jamais eu d’élections libres et transparentes dans ce pays depuis l’indépendance. Et si l’on remonte à la période coloniale on verra également  que le virus de la fraude a été introduit par l’administration coloniale française, pour combattre les nationalistes, tout en favorisant  ses suppôts locaux. C’est pourquoi les figures historiques tels que Um Nyobé, Félix Moumié, Ernest Ouandié n’ont jamais siégé dans une Assemblé élue au Cameroun.

            Toute l’élite de chaque village a regagné son terroir afin d’y aller assurer la victoire, et cela par tous les moyens, du parti au pouvoir. Ils sont tous considérés comme membres du parti, même s’ils n’ont jamais demandé à en faire partie.

            Quel est donc ce parti qui prétend rassembler tous les hauts cadres de l’Administration, tous les Chefs traditionnels, tous les hommes d’affaires ? n’est-ce donc pas une affaire d’idéologie ? il faut chercher ce qui les fait courir ailleurs ; si ce n’est pas l’adhésion à une idéologie, à une école de pensée, c’est donc quoi ? la réponse est simple : ce sont les calculs égoïstes et la peur : la peur de perdre un poste juteux où l’on a géré les fonds publics dans une opacité consternante, où l’on s’est rendu coupable de péculat, de corruption et de toute sorte de malversation d’une part, et l’espoir de grimper plus haut encore d’autre part pour les fonctionnaires ; la, peur d’être éjecté de son fauteuil de Chef traditionnel, et d’être tué (cas de Kamdem Ninyim, Chef traditionnel des Baham) parce que il y a toujours un fils du village prêt à s’acoquiner avec l’administration, la peur de devoir se retrouver devant une ardoise d’impôts qu’on sera incapable d’honorer, ce qui pourra servir de prétexte au régime pour sceller votre entreprise, avec une justice aux ordres. Un des plus grands hommes d’affaires  de ce pays, réduit à être maire de son village, alors qu’il pouvait légitimement prétendre à beaucoup mieux que ça, n’a-t-il pas déclaré que celui qui a les œufs ne cherche pas la bagarre ? Chercher la bagarre ici, c’est ne pas soutenir un pouvoir corrompu et tribaliste.

Tout cette coterie constitue une minorité sur les 16 millions de camerounais ainsi frustrés de leurs droit élémentaire de vote. Cette fois, comme les autres on s’achemine vers un hold-up.

111004
TCHASSE Jean-Claude