LES
CRIMES DE LA FRANCE
CONTRE L`AFRIQUE
LES CRIMES LES PLUS ABOMINABLES DE LA FRANCE
Les rapports entre la France, pays de la Révolution du 14
Juillet 1789, laquelle s’est traduite notamment par la Déclaration des droits
de l’homme et du citoyen, le 26 Août 1789, et ses « anciennes » colonies, de la
période de l’empire à celle actuelle, des Etats Post-coloniaux demeure marquée
par des exactions dont le rappel est essentiel afin que nul n’oublie, cette
évocation des tueries et autres atteintes graves aux droits de la personne
humaine perpétrés par un pays qui se prétend patrie de la liberté, de l’égalité
et de la fraternité est une dénonciation du deni de justice dont souffrent
aujourd’hui encore, les victimes. Cette commémoration est nécessaire dans la mesure
où l’Afrique endure aujourd’hui encore les conséquences de ces actes odieux,
lesquels constituent en fait des indicateurs des motivations réelles de la
colonisation, tragédie qui se situe dans la logique de la traite négrière dont
selon le philosophe SINDJOUN POKAM, « les effets psychologiques,
démographiques, économiques, culturels, politiques pèsent encore lourdement sur
notre destin » Impact tribune n° 15, p.9. Nous commencerons notre macabre évocation
à partir de 1944, au sortir de la seconde guerre mondiale. L’on aurait pu
croire que la France,
meurtrie par l’occupation allemande et qui n’en avait été libérée que grâce à
l’intervention des autres pays dits alliés appuyés par les anciens combattants
ferait un effort pour se réconcilier avec sa devise. Las, C’était compter sans
le racisme viscéral des dirigeant français, sans l’adhésion de la France officielle à la
thèse de Gobineau et de Gaétan Delaunay, lesquels prônent l’infériorité
ontologique de l’homme noir,. A peine libérée donc, la France fonce sur l’Afrique
: elle entend y laver l’humiliation que lui a fait subir le 3ème Reich.
1- LES MASSACRES DU CAMP DE THIAROYE, SENEGAL, DECEMBRE 1944
Répression brutale et féroce d’une mutinerie de soldats noirs appelés
péjorativement « tirailleurs sénégalais, qui réclamaient des arriérées de
soldes ; ils manifestaient sans armes : bilan, trois cents quatre
vingt « mutins » froidement abattus, Voilà comment ont été récompensés ceux-là
qui ont eu une contribution décisive à la libération de la France. Selon le
cinéaste Sénégalais, Sembène Ousmane qui a tourné un film sur ce drame en 1988,
cité par l’hebdomadaire Jeune Afrique n° 1936, du 17 au 23 F2vrier 1998, p.38,
Paris « a exercé de fortes pressions sur
les acteurs français pour les dissuader de jouer dans le film. Le plateau a
même été survolé par des avions d la base française de Dakar ».
2- SETIF, ALGERIE, MAI 1945
La police ouvre le feu sur des manifestants algériens qui réclamaient
l’indépendance de l’Algérie et la libération de Messali Hadj, chef du Parti Populaire
Algérien ( PPA), arbitrairement déporté à Brazzaville quelques semaines plus
tôt ; bilan : plusieurs milliers d’algériens abattus.
3- MADAGASCAR, DE MARS 1947 EN DECEMBRE 1948
Une brutale répression des manifestations organisées par les malgaches en quête
de liberté fait selon le Gouverneur Chévigné en poste dans l’Ile à cette
période-là 80 000 morts, avec à la clé des villages saccagés et incendiés.
4- ALGERIE, DE 1954 EN 1962
L’insurrection algérienne, sous la conduite du Front de libération Nationale (
FLN) débute en 1954. C’est le prétexte que cherchaient les occupants français
pour intensifier les actes de répression et les exactions.
Le Gouvernement du socialiste Guy Mollet donne à cette occasion dans du
piratage aérien : en effet, un avion transportant à son bord les chefs du FLN
Ahmed Ben Bella, Aït Ahmed et Mohamed Boudiaf qui allait du Caire où le
mouvement nationaliste algérien bénéficiait du soutien de Nasser, à Tunis, est
détourné par l’aviation française sur Alger. C’est seulement après avoir
massacré des centaines de milliers de personnes ( un million selon certaines
estimations) que la France
a consenti de mauvaise grâce à laisser libre le peuple algérien. Le général de
Gaule déclarait en novembre 1960 à l’Echo d’Oran : « Nous en avons déjà tué 200
000, nous en tuons encore 500 par semaine. » L’on se demande dans ces
conditions quel est le barbare qui a besoin d’être civilisé ?
4- LA RATONNADE,
PARIS 1961.
17 Octobre 1961 : à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens
ont convergé vers le Centre de Paris pour réclamer l’indépendance de leur pays.
Selon Réné Rémond, notre siècle 1918-1968, Paris, Fayard, « la soirée est
tragique : des dizaines, peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans
la Seine, où
l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations,
mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. » le sinistre Maurice Papon,
alors préfet de police de Paris a déclaré à télévision française en 1993, selon
libération n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. Il a regretté son
incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». Son directeur
de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la Seine
charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». Le responsable de
cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par
un portefeuille ministériel sous la présidence Giscard, ci-devant « cher parent
» de Bokassa …….Empereur de Centrafrique.
6-BIZERTE, 1961.
Bizerte était une base navale où étaient installées les troupes françaises. Conduites
par l’Amiral Amman, celles –ci répriment durement une attaque des forces
tunisiennes, massacrant 700 soldats ; « à vaincre sans péril, on triomphe sans
gloire ».
7- MASSACRES AU CAMEROUN, 1945-1971.
Septembre 1945 : la grosse manipulation. Le colonat regroupé dans l’Association des
colons du Cameroun( A S C O C A M ) suscite des manifestations, qu’il attribue
aux syndiqués. Ceux-ci s’étaient pourtant prononcés contre la grève que
voulaient organiser des employés non syndiqués des chemins de fer. Mais les
colons français cherchaient déjà, conformément aux résolutions prises à l’issue
des états généraux de la colonisation tenus au début du même mois à Douala, des
prétextes pour tuer dans l’œuf le mouvement syndical naissant et non moins
dynamique ; c’est ainsi qu’armés de revolvers, de fusils et de mitraillettes,
et montés sur des voitures, les provocateurs ont mené pendant deux jours des
opérations de ratissage au cours desquelles ils ont fait d’ odieux cartons sur
tous les noirs qu’ils croisaient. Les « forces de l’ordre » ont laissé faire.
Des pilotes français de l’Escadrille Bétune qui stationnait alors à Douala,
sont montés dans leurs appareils et ont commencé à mitrailler les gens dans les
rues. Le bilan de ce septembre noir se chiffre à plusieurs centaines de morts,
côté manifestants. Aucun colon n’a jamais été inquiété pour sa participation à
ces massacres-là. Seul Etienne Lalaurie, promoteur avec notamment Maurice
Soulier et Gaston Donnat du mouvement syndical et du mouvement nationaliste au
Cameroun, a été jugement ; il avait dû abattre, en état de légitime défense,
l’un de ces colons enragés qui était venu chez lui, armé, dans l’intention de lui
« faire la peau » .
Mai 1955 : Roland Pré envoyé pour casser le mouvement nationaliste dont le porte
flambeau était l’Union des Populations du Cameroun ( U P C ), se livre à
d’horribles crimes avant de prononcer, en juillet de la même année la dissolution
du parti nationaliste. Ce qui a poussé ce dernier au maquis. La chasse aux «
maquisards » a donné lieu aux déplacements massifs des populations
arbitrairement éloignés de leurs villages détruits par la troupe, et regroupés
dans les camps de concentration appelés pudiquement « zone de pacification ». Le
Colonel Lamberton et M. Pierre Messmer en savent quelque chose. C’est au cours
de ces opérations qu’est assassiné le 13 septembre 1958, Ruben Um Nyobe le « Mpodol
» , Chef historique du mouvement nationaliste au Cameroun . En pays Bamiléké,
au début de 1960, Michel Debré, Premier ministre français, qui a décidé
d’entreprendre une véritable reconquête confie au général Briand le « viking »,
qui s’était taillé une triste réputation en Indochine, cette opération. Ce
dernier est placé à la tête d’une armée comprenant cinq bataillons, un escadron
blindé et escadron de chasseurs bombardiers, pas moins. Que pouvaient Martin
Singap, chef de l’Armée de Libération Nationale Kamerunaise (ALNK) et ses
hommes armés de sagaies ? Bilan de la boucherie : 400.000 morts, des villages
rasés au napalm ; ce n’est pas le pilote d’hélicoptère MAX Bardet qui nous
démentira ; le traumatisme psychologique causé par ce carnage se ressent
aujourd’hui encore , et n’a pas fini de causer des ravages . Le Cameroun avait
pourtant accédé à la souveraineté internationale le 1er janvier 1960.
8. ASSASSINATS DE NATIONALISTES.
Le sergent André Grenard , plus connu sous le nom d’André Matsoua ,inculpé
d’intelligence avec l’ennemi, est arrêté alors qu’il était hospitalisé à Paris
,transféré au Congo ou il est condamné en 1941 aux travaux forcés à perpétuités
; le Commandant de Larminat , Gouverneur gaulliste du Congo le laisse mourir en
prison en avril 1942. On lui reprochait d’avoir été un des premiers Africains à
revendiquer pour ses compatriotes la voix au chapitre dans la gestion de
l’empire.
Félix Moumié, successeur de Ruben Um Nyobé à la tête de l’UPC a été empoisonné
au thallium à Genève, le 15 octobre 1960, par agent des services secrets français,
le Service de Documentation Extérieure et de Contre Espionnage (SDECE),William
Bechtel. Il en meurt le 3 novembre 1960 dans un hôpital genevois. Foccart, le
commanditaire de ce crime crapuleux a dit ne pas regretter cet acte ignominieux.
Mehdi Ben Barka, assassiné à la fin d’octobre 1965 dans une villa de la région
parisienne, était l’un des opposants marocains de gauche les plus notaires. Cette
affaire dans laquelle fut impliquée le service de Documentation Extérieure et
de Contre Espionnage (SDECE) n’a jamais été éclaircie, en dépit des demandes
répétées de la famille de la victime.
C’est un officier français qui a donné le coût de grâce (acte o combien
symbolique !)au nationaliste camerounais Ernest Ouandié condamné au terme d’une
parodie de procès en 1971, alors que l’on prétendait déjà le Cameroun «
indépendant ».
Le Dr.Outel Bono, assassiné à Paris le 26 août 1973 par les agents de la SDECE, était l’un des
opposants tchadiens les plus en vue, et dont l’envergure faisait apparemment
ombrage au président Tombalbaye.
9. IMPLICATIONS FRANCAISES DANS LES GUERRES CIVILES
LES COUPS D’ETAT.
Pourquoi la France
s’est –elle cru obligée d’intervenir dans les affaires intérieures des Etats
Africains ? Le sociologue suisse Jean Ziegler nous répond quand il déclare : «
le gouvernement français a partout remis le pouvoir à des groupements, partis
ou clans d’hommes formés, financés, conseillés et mis en place par lui-même.
Dans aucun des états francophones nés de l’ancien Empire, à l’exception du
Cameroun, le pouvoir colonial ou ses satrapes locaux n’ont eu à affronter un
mouvement de libération nationale armé. La plupart du temps, le transfert de
souveraineté a relevé de l’acte régalien, de la gracieuseté de la faveur que le
maître accorde aux anciens esclaves ». Vive le pouvoir ! ou les délices de la
raison d’Etat, paris, Seuil,1985.
La France
s’est tristement distinguée par sa participation active aux actes
antidémocratiques, violant sans vergogne la souveraineté des états qu’elle-même
disait indépendants. L’effroyable guerre du Biafra menée par le pion Odumegwu
Ojukwu commence en mai 1967 par la proclamation de l’indépendance de la «
république du Biafra » ; la
France soutient cette tentative finalement avortée de
division et de déstabilisation du Nigéria. Les avions de la croix- rouge
transportaient non pas le matériel nécessaire à l’assistance humanitaire, mais
des armes destinées aux sécessionnistes. Dans un accord signé entre la banque Rothschild
et Ojukwu, le Biafra cédait à l’établissement français les droits exclusifs
d’exploration et d’extraction du pétrole, de l’or, de la colombite, de l’étain,
de l’uranium et de charbon.
L’on avait retrouvé durant l’été 1960 la France soutenant les sécessionnistes Katangais
menés par Moise Tschombé. Le pillage des immenses richesses du Congo
–Léopoldville était impossible avec un Patrice Lumumba à sa tête. Il fallait
donc lui rendre la vie dure avec les sécessionnistes du Katanga. Ce pays qui
s’était déjà opposé à l’établissement des exécutifs fédéraux respectivement à
Brazzaville pour l’Afrique Equatoriale Française(AEF) et à Dakar pour l’Afrique
Occidentale Française(AOF) était encore dans les manœuvres de déstabilisation
des nouveaux états.
La France,
pays de l’Occident chrétien est présente également au soudan aux cotés du
régime islamiste fondamentaliste, « esclavagiste, totalitaire et agressif » de
Khartoum selon l’université Marc Lauvergene, dans une interview à Chronique d’amnesty international , n°
148, p.9, et cela contre les rebelles sudiste et chrétiens.
Le renversement et l’assassinat, en janvier 1963, du premier Président de la République du Togo, Sylvanus
Olympio, ce dernier s’était réfugié, après l’attaque de sa résidence pendant la
nuit par les putschistes dans une voiture garée au parking de l’ambassade des
Etats-Unis au Togo, laquelle jouxtait le palais présidentiel. Au petit matin,
il y avait été découvert par l’ambassadeur américain Gaston Poullada. Ce
dernier a appelé innocemment son homologue français, Louis Mazoyer qui a refilé
sans tarder l’information à Eyadéma et ses sicaires. On connaît la suite. Le
Président a été lâchement assassiné, remplacé dans un premier temps par un
pion, vite remplacé à son tour par M. Eyadéma, le véritable homme de Foccart.
Le 18 février, 1964, La France
vole au secours de Léon M’ba déposé par des officiers progressistes de l’armée
gabonaise. Il est réinstallé au pouvoir par des commandos de parachutes
français spécialement dépêchés pour cette sale besogne.
C’est à cause de la France
que M. Mobutu de triste mémoire, cette véritable calamité qui a causé tant de
ravages, est resté si longtemps au pouvoir au Zaïre ; en effet, les troupes
françaises ont eu à y intervenir en mars 1977 et en mai 1978 contre les
gendarmes katangais.
En janvier 1977 au Bénin, une tentative de coup d’état, menée par des
mercenaires conduits par le tristement célèbre « corsaire de la République Française,
Bob Denard, échoue.
C’est par l’opération dite Barracuda que la France installe, le 21 septembre
1979 une marionnette appelée David Dacko au pouvoir à Bangui, en remplacement
de « l’empereur » Bokassa, devenu encombrant et surtout embarrassant avec
ses histoires de diamants offerts à son « cher parent ».
La fameuse « opération turquoise » organisée en 1994 au Rwanda et qui,
présentée comme intervention humanitaire était en réalité en prétexte pour
tenter de sauver le régime tribaliste et intolérant de Bujumbura. Les milices
tribales Hutu ont pu s’adonner allègrement à leur macabre besogne, bilan : 500
000 morts.
10 SOUTIEN AU PAYS DE L’APARTHEID
La France,
pays de René Cassin, prix Nobel de la paix 1968, rédacteur de la Déclaration Universelle
des droits de l’homme n’a pas ménagé son appui aux régimes racistes de John
Balthazar Voster et de Pieter Botha ; c’est en effet grâce notamment à la France et aux autres pays
occidentaux que ce pays a pu acquérir l’arme nucléaire et la puissance
militaire, qui ont nourri les répugnantes guerres d’Angola et du Mozambique et
ont permis à ce pays de mener pendant si longtemps la sordide politique
d’apartheid.
11- LE GENERAL DE GAULLE PLUS FUTE QUE RAYMOND CARTIER
Quels sont les véritables objectifs de la coopération ? La réponse à cette
question se trouve sans doute dans les fameux rapports JEANNENEY et GORSE,
jamais rendus publics. Ces rapports avaient été commandés respectivement en
1963 et en 1970 au vu des critiques virulentes suscitées par les relations
ambiguës entre la France
et ses anciennes colonies. Selon l’économiste Tibor Mende dans on ouvrage De l’aide à la recolonisation. Les leçons
d’un échec, Paris, seuil, 1972, « pratiquement toute l’aide de a France à
l’Afrique lui revient sous forme de transferts ou de commandes ». Le
journaliste Gilbert Comte affirmait lui en novembre 1973, après avoir dressé un
tableau sombre de la coopération, que le général de Gaulle avait été plus rusé
que le journaliste de Paris Match Raymond Cartier qui préconisait en 1956 un
abandon pur et simple des anciennes colonies, lesquelles coûtaient selon lui
très cher à la France. Son
slogan devenu célèbre était « la Corrèze avant le Zambèze ». Pour Gilbert Comte,
« sous
libéralisme de façade, le général essayait de défendre les intérêts nationaux
au meilleur tarif possible. Il ne pouvait naturellement pas expliquer son
programme à la face du monde sans produire quelque scandale. Il l’enveloppa
donc dans ce vocabulaire généreux mis à la mode par l’anticolonialisme
triomphant de l’époque, et donna aux thèses popularisées par Paris Match la
plus intelligente application qu’elles pouvaient recevoir ».
12- LA FRANÇAFRIQUE
La Françafrique désigne une nébuleuse d’acteurs économique,
politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseau et en
lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes ; les matières premières
et « l’aide publique au développement « ( APD) selon les associations AGIR ICI
et SURVIE, Dossiers noirs de la politique africaine de la France n° 7 : France –Cameroun ; croisement dangereux !
L’ Harmattan, 1996, p.8. L’on y lit plus loin que « la logique de cette
ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés. Le système,
au demeurant, se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile
à la démocratie. » Parmi les acteurs les plus notoires de cette nébuleuse, on
peut citer Jaques Foccart, la multinationale du pétrole ELF, le SDECE qui a
maintenu sa politique interventionniste en devenant la DGSE, d’éminentes
personnalités appartenant aussi bien à la droite qu’à la gauche de l’échiquier
politique français telles que Jaques Chirac, Mitterrand père et fils, Pasqua
père et fils, j’en passe et des meilleurs.
JACQUES CHIRAC CONTRE LA DEMOCRATIE PLURALISTE EN AFRIQUE NOIRE
Le président français , devant qui la négraille se trémousse frénétiquement en
s’imaginant lui faire plaisir à l’occasion de ses voyages sur le continent
africain , est celui-là même qui a pris position publiquement, et cela plutôt
deux fois qu’une contre l’instauration de la démocratie pluraliste en Afrique
noire. La première fois c’était lors d’une visite à Dakar en 1987 alors qu’il
était Premier ministre. L’hebdomadaire Jeune Afrique qui rapportait ses propos
en fin mai 1987 nous apprend que ses préférences allaient vers « le parti
unique multitendanciel », notion brumeuse, atypique et bâtarde, tout juste
bonne pour les attardés ataviques que nous sommes. La deuxième fois, c’était en
1990 à Abidjan où il était allé à une réunion d’un machin appelé Association
des maires francophones. Pour lui en effet le multipartisme est « une sorte de luxe que les pays en
développement n’ont pas les moyens de s’offrir. » Nous voudrions rappeler à
M. Chirac que les régimes dictatoriaux, prédateurs et corrompus restent au
pouvoir à cause du soutien inconditionnel que leur apporte la France, et cela, au grand
dam de nos peuples qui n’avaient par ailleurs jamais demandé à personne de
venir les coloniser. Car il faut le relever, c’est cette notion d’Etat comme
mode d’organisation sociale qui, dévoyée a été transformée par des personnes sans
foi ni loi en instrument de coercition, de brigandage et d’exploitation.
Quelles garanties les civilisateurs avaient-ils prévu contre de telles dérives,
en l’absence de démocratie ?
Les visites officielles des présidents français sont les occasions de célébrer
l’excellence des relations entre la « généreuse et bienveillante » France et
les pays visités. Seulement l’on oublie volontairement et trop facilement le
phénomène de criminalisation de l’Etat dont a parlé Jean François Bayart en
juin 1995 dans un rapport pour le Centre d’analyse et de prévision du Ministère
des Affaires étrangères, et qui se traduit par « le dédoublement des systèmes
sociaux africains entre « pays légal », interlocuteur unique des institutions
multilatérales et des Etats occidentaux, et le « pays réel… ».
13- LA
COOPERATION FRANÇAISE : AVATAR RAFINE ET MODERNE DE LA TRAITE NEGRIERE
TRANSATLANTIQUE
De la traite négrière jusqu’à la coopération, en passant par l’esclavage régi
par le Code noir, la colonisation marquée par le Code de l’indigénat et le
travail forcé, il se dégage une constante :
L’exploitation et la déshumanisation de l’homme noir par la France. Aimé Césaire,
cité par Abel Eyinga, Démocratie de
Yaoundé, T1, Syndicalisme d’abord,
1944-1946, l’Harmattan, 1985, pp 31.32, déclare : « je dis que de la colonisation à la civilisation, il y a une infinie… je
vois partout où il y à face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la
brutalité, la cruauté ; la sadisme, le heurt et en parodie de formation
culturelle, la formation hâtive de quelques milliers de fonctionnaires
subalternes, de boys, d’artisans, d’employés de commerce et d’interprètes
nécessaires à la bonne marche des affaires. Entre colonisateurs et colonisé, il
n’ y a a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police,
la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, les élites décérébrées, des
masses avilies. Aucun contact humains, mais des rapports qui transforment
l’hommes colonisé en pion, en adjudant, en garde chiourme, en chicote et
l’homme indigène en instrument de production à mon tour de poser une équation :
Colonisation – Chosification ».
14- DENI DE JUSTICE
La traite négrière a déjà été reconnue comme crime contre l’humanité. A quand l
‘érection de la colonisation et de la coopération française à ce rang peu
enviable avec dédommagement subséquent des victimes et leurs descendants ?
L’Afrique a-t-elle vraiment besoin de la coopération telle que la lui impose la France ? Le bilan de
quarante années de cette coopération-là autorise tout esprit lucide et objectif
à répondre par la négative. En effet les « anciennes » colonies françaises sont
les parties du monde les plus durement touchées par la pauvreté, la maladie et
l’ignorance. Ce sont en outre les régions les plus endettées , sans que l’on
puisse dire pour ce qui est du Cameroun par exemple à quoi ont servi les sommes
colossales empruntées. Elles sont encore dirigées par des régimes
autocratiques, répressifs et intolérants, soutenus par la métropole.
Le changement de la politique africaine de la France, clamé par le Gouvernement socialiste de
Lionel Jospin est une reconnaissance implicite des abus et des méfaits commis.
Cela ne peut que susciter scepticisme et méfiance lorsqu’on sait que les
changements de majorité qu’a connus ce pays n’ont rient apporté de positif dans
ce domaine.
Source principale : Claude Wauthier ; quatre présidents et l’Afrique, seuil ,
avril 1995
TCHASSE JEAN Claude
PLEG , syndicaliste
S/C BP 311 Bafoussam